Historique

À sa fondation en 1642, la bourgade — alors appelée Ville-Marie — se dote d'une première chapelle en bois à l'intérieur de la palissade, à la Pointe-à-Callière, connue aujourd'hui pour son musée.

La chapelle avant l'incendie de 1978

La chapelle actuelle

Décoration actuelle de la Basilique

Petite chapelle d'origine

Consacrée à Notre-Dame, la petite chapelle d'origine est d'abord dirigée par les Jésuites. Arrivent les premiers Sulpiciens qui voient, dès 1657, le besoin de construire une église plus importante. Le sulpicien Francois Dollier de Casson en sera l'architecte et la rue Notre-Dame actuelle servira de site. La construction, de style baroque, sera réalisée entre 1672 et 1683.

Plans d'agrandissement

Vers 1800, l'église étant à nouveau devenue trop petite, le Conseil de la Fabrique décide de construire l'édifice que nous connaissons aujourd'hui et engage James O'Donnell de New York pour en réaliser les plans. D'origine irlandaise et de confession protestante, l'architecte optera, avec le Conseil, pour un style néo-gothique, style alors à la mode en Europe et aux États-Unis. Les principaux travaux se dérouleront entre 1824 et 1829.

Avant d'avoir vu son œuvre achevée, O'Donnell mourra à Montréal en 1830, nouvellement converti au catholicisme. Son corps repose sous la basilique et sa sépulture est marquée par une plaque.

Les tours jumelles

L'ancienne église, un peu en retrait, est démolie à l'été 1830, sauf son clocher qui subsistera jusqu'en 1843, lorsque les tours jumelles de Notre-Dame auront été complétées par l'architecte John Ostell. La tour ouest, appelée La Persévérance et terminée en 1841, abrite le gros bourdon baptisé Jean-Baptiste, et dont le poids est d'environ 11 000 kg. La tour est, appelée La Tempérance, est terminée en 1843; elle loge un carillon de 10 cloches.

Une nouvelle chapelle

En 1889, le curé Léon-Alfred Sentenne confie aux architectes Perreault et Mesnard la construction d'une chapelle qui servira aux cérémonies rassemblant un nombre restreint de personnes, comme les mariages et les funérailles. Baptisée Notre-Dame du Sacré-Cœur et inaugurée le 8 décembre 1891, jour de la fête de la Vierge, elle affiche un style néo-gothique riche en motifs sculptés.

Un incendie ravageur

Malheureusement, un incendie l'endommage gravement le 7 décembre 1978. Sa reconstruction est confiée aux architectes Jodoin, Lamarre, Pratte et associés qui suggèrent de reconstruire les deux premiers niveaux à l'identique, en faisant appel à des ébénistes, sculpteurs et menuisiers travaillant selon des méthodes anciennes. Ce qui sera fait. Par ailleurs, la voûte recevra un traitement moderne en permettant un éclairage naturel. La nouvelle chapelle sera inaugurée en 1982.

Décoration initiale de l'église

La phase initiale de la décoration, celle des premières années, montre un aménagement bien différent de l'actuel. Le mur de chevet du sanctuaire, bien plat comme le voulait la tradition des églises gothiques anglaises, présentait alors une grande verrière. Six tableaux, provenant de l'ancienne église, étaient disposés de part et d'autre de cette dernière. Par souci d'économie, on avait placé dans le sanctuaire le maître-autel de l'ancienne église ; cet autel se trouve aujourd'hui dans la chapelle latérale dédiée à sainte Marguerite d'Youville, contre le mur ouest. Les colonnes de la nef étaient peintes en trompe-l'œil imitant le marbre veiné, un travail exécuté par un artiste italien de New York, Angelo Pienovi.

Décoration actuelle… comme à la Sainte-Chapelle

Réalisée entre 1870 et 1900, la deuxième phase de la décoration de l'église est l'œuvre du curé Victor Rousselot et de Victor Bourgeau, l'architecte québécois le plus actif de l'époque. Le style et le symbolisme de la Sainte-Chapelle à Paris impressionnent fortement le curé Rousselot, alors en voyage en France. Il propose donc à l'architecte Bourgeau de s'en inspirer. Ce sont surtout les couleurs choisies, les motifs des feuilles d'or dans la voûte et les colonnes qui nous rappellent la Sainte-Chapelle. Cette décoration polychromique est entièrement composée de sculptures en bois.